Acheter une batterie domestique sans la dimensionner correctement, c’est l’assurance de soit gaspiller de l’argent (capacité jamais utilisée), soit rater l’objectif d’autoconsommation. Voici la méthode pour calculer juste, exemple à l’appui.
Sommaire
À quoi sert vraiment une batterie domestique ?
Une batterie stocke le surplus de votre production solaire pendant la journée pour le restituer le soir et la nuit. Sans batterie, ce surplus est revendu à un tarif modeste ou perdu. Avec une batterie correctement dimensionnée, votre taux d’autoconsommation passe de 30-40 % à 70-80 %.
La méthode en 4 étapes
Étape 1 : connaître sa consommation du soir et de la nuit
C’est la donnée clé. La batterie ne sert que pour la conso hors heures de production solaire (typiquement de 18 h à 8 h). Sur une consommation annuelle de 5 000 kWh, environ 50 à 60 % se font hors plage solaire, soit 7 à 9 kWh par jour en moyenne.
Étape 2 : calculer le surplus solaire moyen
Une installation de 6 kWc en France produit environ 6 000 à 7 500 kWh/an, soit 16 à 20 kWh/jour en moyenne. Si votre consommation diurne est de 5 kWh, votre surplus moyen tourne autour de 11 à 15 kWh/jour.
Étape 3 : appliquer la règle du minimum
La capacité utile à viser correspond au minimum entre la consommation du soir et le surplus du jour. Inutile de stocker plus que ce que vous consommez, ni plus que ce que vous produisez.
Exemple : conso soir = 8 kWh, surplus = 13 kWh → capacité utile à viser : 8 kWh.
Étape 4 : convertir en capacité nominale
Les batteries lithium-fer-phosphate (LFP), majoritaires en 2026, ont une profondeur de décharge (DoD) d’environ 90 %. Pour 8 kWh utiles, il faut donc :
8 / 0,9 ≈ 9 kWh nominaux.
On choisira donc une batterie de 9 ou 10 kWh nominaux.
Exemple concret : maison de 4 personnes
- Consommation annuelle : 6 500 kWh.
- Production solaire : 6 kWc soit ~7 000 kWh/an.
- Conso soir/nuit : ~10 kWh/jour.
- Surplus diurne : ~12 kWh/jour.
Capacité utile cible : 10 kWh → batterie de 10 à 12 kWh nominaux (par exemple un Tesla Powerwall 13,5 kWh ou une Huawei LUNA 2000 10 kWh).
Les pièges classiques
- Surdimensionner pour anticiper l’avenir : l’arrivée d’une voiture électrique change tout, mais la borne de recharge sera plus efficace pilotée directement par le surplus solaire que via la batterie.
- Oublier la saisonnalité : la batterie ne servira quasiment plus en hiver, où la production diurne couvre à peine la conso. Ne pas dimensionner sur l’hiver, ni sur l’été : la moyenne annuelle est le bon repère.
- Sous-estimer la durée de vie : les batteries LFP supportent 6 000 à 10 000 cycles, soit 15 à 20 ans en usage domestique normal.
Combien ça coûte en 2026 ?
Le prix au kWh installé continue de baisser :
- Batteries LFP haut de gamme : 700 à 900 €/kWh installé.
- Modèles d’entrée de gamme : 500 à 650 €/kWh.
Pour une 10 kWh, comptez donc 5 500 à 9 000 € posée. La rentabilité brute reste autour de 10 à 14 ans, mais s’améliore si les prix de l’électricité repartent à la hausse.
Le mot de la fin
Une batterie ne se choisit pas à l’instinct ni au catalogue : elle se calcule. Avant tout achat, exigez de votre installateur une simulation horaire basée sur votre courbe de charge réelle (Linky permet de la récupérer en quelques clics). C’est le seul moyen de viser juste.









