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Clés d'un logement, illustration du diagnostic DPE pour vente et location
Photo : Jakub Zerdzicki / Pexels

Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) n’est plus un simple papier informatif : c’est devenu le pivot du marché immobilier français. En 2026, plusieurs évolutions majeures impactent directement les propriétaires bailleurs et les vendeurs. Décryptage.

Le calendrier de l’interdiction des passoires

La loi Climat et Résilience a fixé un calendrier strict d’interdiction de location pour les logements les plus énergivores :

  • Depuis 2023 : gel des loyers pour les classes F et G.
  • Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025 : interdiction de mise en location des G (nouveaux baux).
  • 1ᵉʳ janvier 2028 : interdiction des classes F.
  • 1ᵉʳ janvier 2034 : interdiction des classes E.

En 2026, l’interdiction des G est donc pleinement effective : un logement classé G ne peut plus faire l’objet d’un nouveau bail, ni d’une reconduction en cas de relocation.

Quelles sanctions concrètes ?

Un locataire dont le logement est sous le seuil de décence énergétique peut :

  • Saisir le juge pour exiger des travaux du propriétaire.
  • Demander une consignation des loyers.
  • Obtenir des dommages et intérêts.

Pour le propriétaire, les conséquences peuvent inclure jusqu’à plusieurs milliers d’euros de pénalités et l’obligation de réaliser les travaux à ses frais.

Le DPE pour la vente : une décote bien réelle

Les études notariales 2025 montrent une décote moyenne pour les biens mal classés :

  • Maison classée F vs D : -12 à -18 % sur le prix de vente.
  • Maison classée G vs D : -15 à -22 %.
  • Appartement classé F vs C : -8 à -14 %.

À titre d’exemple, une maison de 250 000 € classée G perdra environ 40 000 € à la vente, soit largement plus que le coût des travaux nécessaires pour atteindre la classe E ou D.

Le DPE collectif obligatoire en copropriété

Depuis 2024-2025, l’obligation de DPE collectif s’étend progressivement :

  • Copropriétés de plus de 200 lots : déjà obligatoire.
  • Copropriétés de 50 à 200 lots : 2025-2026.
  • Toutes les copropriétés de plus de 15 ans : à compter du 1ᵉʳ janvier 2026.

Couplé au Plan Pluriannuel de Travaux (PPT), ce DPE collectif sert de feuille de route pour la rénovation énergétique de l’immeuble.

L’audit énergétique exigé pour les ventes

Depuis le 1ᵉʳ avril 2023, la vente d’un logement classé F ou G en monopropriété déclenche une obligation d’audit énergétique réglementaire, à fournir au futur acquéreur. Cet audit propose deux scénarios de rénovation chiffrés. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, cette obligation s’étend aux classes E.

Que faire si vous êtes propriétaire d’une passoire ?

Plusieurs leviers existent :

  1. Faire un audit énergétique pour identifier les travaux les plus rentables (souvent isolation des combles, changement de chauffage, ventilation).
  2. Mobiliser MaPrimeRénov’ parcours accompagné, conçu pour faire sauter au moins deux classes en une seule opération.
  3. Coupler avec un éco-PTZ jusqu’à 50 000 € pour étaler le reste à charge.
  4. Vérifier si la commune ou la région offre une aide complémentaire (Île-de-France, Grand Est, certaines métropoles).

Et le nouveau DPE est-il fiable ?

Depuis sa refonte de juillet 2021, le DPE est désormais opposable juridiquement. La méthode 3CL-2021 a été corrigée en 2024 pour éviter les biais sur les petits logements. Pour autant, des écarts persistent entre diagnostiqueurs : il reste prudent de demander deux DPE indépendants avant un achat important.

En résumé

Le DPE n’est plus négligeable : il conditionne la valeur, la louabilité et même l’assurabilité d’un bien. En 2026, ignorer un mauvais classement, c’est accepter une décote importante ou une mise hors-marché. Les propriétaires gagnent à anticiper la trajectoire 2025-2034 et à intégrer la rénovation énergétique dans toute stratégie patrimoniale.